Des Scientifiques Découvrent D’Etranges Cratères Sous-Marins – Et Ce Qui Les A Provoqués Est Particulièrement Inquiétant

Quelque part au large de la magnifique région sauvage de Big Sur, en Californie, un groupe d’experts scientifiques travaille d’arrache-pied. Faisant appel à des technologies extrêmement sophistiquées, l’équipe espère prendre note d’un certain nombre de cavités de taille considérable dispersées au fond de l’Océan Pacifique. Mais d’un point de vue pratique, comment ces chercheurs ont-ils l’intention de visualiser ces fameuses cavités du plancher océanique? Eh bien, vous ne serez pas surpris d’apprendre que leur travail ne serait pas possible sans l’utilisation de matériel high-tech. Heureusement, l’équipe a réussi à obtenir l’accès à un robot complexe et soigneusement développé afin de les aider dans leur entreprise.

Ainsi, aidés par cette merveille de l’ingénierie moderne, les scientifiques sont en passe de faire d’incroyables découvertes. Leur machine est à présent en train de couler vers les fonds marins, et elle est équipée d’une gamme de gadgets et instruments à la pointe de la technologie. Elle atteindra bientôt une position d’où elle pourra transmettre des informations sur les cavités qui parsèment le plancher océanique. Mais bien qu’ils ne le sachent pas encore, les scientifiques s’apprêtent à subir un choc. Voyez-vous, la nature de ces mystérieuses cavités est loin de tout ce qu’ils avaient pu imaginer. De plus, leur formation semble avoir été causée par un évènement très troublant.

Cette zone particulière des fonds marins a été désignée comme un champ de cratères – en référence aux grandes dépressions qui la composent. Elle est en réalité considérée comme le plus grand champ de cratères sous-marins de toute l’Amérique du Nord. Et alors que les preuves de l’existence de ces cavités seraient apparues pour la première fois en 1999, ce phénomène a continué d’intriguer les scientifiques pendant les nombreuses années qui ont suivi.

ADVERTISEMENT

Cependant, au cours de la dernière décennie, on a tenté, de manière plus réfléchie, d’en savoir davantage à propos de ces cratères sous-marins. Et c’est exactement pour cette raison que les scientifiques ont envoyé le robot – connu sous le nom de Véhicule Sous-marin Autonome (AUV) – au fond de l’océan. Pourtant, alors que le but de cette entreprise était d’en apprendre davantage à propos de ces grandes cavités, l’AUV a finalement révélé quelque chose d’autre lors de son exploration – et cette découverte est également préoccupante.

Cependant, si certains mystères entourent encore ce fameux champ de cratères, aujourd’hui, les scientifiques en savent certainement plus sur cette zone qu’il y a deux décennies. Tout cela est dû en grande partie au travail de l’Administration Océanique et Atmosphérique Nationale (NOAA) et de l’Institut de Recherche de l’Aquarium de Monterey Bay (MBARI).

ADVERTISEMENT

La NOAA fait en réalité partie du Département Américain du Commerce et son objectif principal est de surveiller les importantes étendues d’eau. En cas de conditions climatiques ou océaniques difficiles, cet organisme vous donnera également la marche à suivre. Les employés de cette organisation réalisent également des travaux de recherche.

ADVERTISEMENT

Le MBARI, quant à lui, est un groupe à but non lucratif créé par David Packard en 1987. Au jour d’aujourd’hui, plus de 200 personnes – allant des scientifiques aux administrateurs – seraient impliquées dans cette organisation, et en fin de compte, toutes travaillent afin de trouver des moyens permettant de mieux comprendre l’océan.

ADVERTISEMENT

Packard a exposé les objectifs du MBARI, écrivant dans un message à propos de l’institut, « La mission du MBARI est d’atteindre et de maintenir un statut de centre international pour la recherche avancée et l’enseignement des sciences et technologies océaniques, et de le faire à travers le développement de meilleurs instruments, systèmes et méthodes pour la recherche scientifique dans le domaine sous-marin. Le MBARI met l’accent sur la relation entre ingénieurs et scientifiques, relation présentée comme étant un des principes de base de l’organisation.

ADVERTISEMENT

En réalité, ce sont les experts travaillant en association avec le MBARI, qui ont initialement remarqué les cratères sous-marins en 1999. Mais deux décennies plus tard, les membres de l’institut désirent toujours en savoir davantage à propos de ces étranges cavités. Après tout, la zone a été proposée comme site potentiel pour l’implantation d’un parc éolien.

ADVERTISEMENT

Selon un article du San Diego Tribune datant de 2018, près d’un terawatt d’électricité pourrait être produit chaque année au large des côtes californiennes. À titre de comparaison, cela représenterait environ 13 fois la quantité totale d’électricité actuellement générée par les parcs éoliens de l’ensemble du continent américain. Ainsi, bien que l’éolien en mer ne soit pas la seule option afin de produire de l’énergie renouvelable, cela reste une option importante.

ADVERTISEMENT

Néanmoins, il y a quelques difficultés à régler afin de pouvoir implanter ces installations en mer. Par exemple, le fond marin de l’océan Pacifique est plutôt irrégulier et y ancrer un parc éolien pourrait à terme s’avérer problématique. La marine américaine (US Navy) a également mis son veto à toute implantation de parcs éoliens, dans certaines zones précises de l’océan. Ainsi, l’implantation d’éoliennes au niveau des eaux côtières du sud de la Californie est apparemment irréalisable.

ADVERTISEMENT

Pourtant, l’énergie éolienne potentiellement disponible est telle qu’une étude et une surveillance de la région ont tout de même été effectuées. C’est exactement ce que la NOAA a fait en 2017 quand elle a dressé une carte du fond océanique près de Big Sur. Et ce travail – combiné à des études précédemment réalisées par le MBARI – a permis d’établir que la région côtière abritait environ 5 200 cratères sous-marins répartis sur environ 130 000 hectares.

ADVERTISEMENT

Par la suite, en 2018, les experts du MBARI ont tenté d’en savoir plus sur les cratères jonchant le plancher océanique californien. Et à la suite de cette recherche, il a été découvert que ces grandes dépressions mesuraient en moyenne 183 mètres de largeur et 5 mètres de profondeur. Elles étaient également arrondies et séparées les unes des autres par des distances relativement équivalentes.

ADVERTISEMENT

De plus, au cours des récentes études scientifiques concernant cette région sous-marine, il a été démontré que le nombre de cratères sous-marins était particulièrement élevé à cet endroit – assez pour faire de ce champ de cratères sous-marins le plus important d’Amérique du Nord. Jusqu’à présent, voyez-vous, les scientifiques n’en ont pas découverts de plus grands.

ADVERTISEMENT

Pourtant, il existe d’autres champs de cratères sous-marins répartis à travers le globe – et certains n’ont peut-être pas encore été découverts. De plus, des spécialistes ont émis une hypothèse quant à ce qui aurait pu créer ces cratères sous-marins. Il a été suggéré que la fuite de gaz tels que le méthane, enfouis dans les profondeurs du plancher océanique, pourrait en être la cause. De telles libérations de gaz pourraient potentiellement rendre les fonds océaniques instables et volatils.

ADVERTISEMENT

Ceci étant dit, le MBARI n’a jamais trouvé de preuves explicites qui pourraient suggérer la présence de méthane dans les eaux côtières californiennes. En réalité, il semble que les cavités océaniques situées au fond du Pacifique soient dormantes depuis à peu près 50 000 ans. Du moins, c’est ce que les informations compilées grâce à l’utilisation du sonar suggèrent aux scientifiques.

ADVERTISEMENT

Ainsi, il est finalement difficile pour les experts d’établir la cause exacte de l’émergence de ces cratères. Cependant, grâce aux technologies modernes, certaines personnes pensent pouvoir dater les cratères sous-marins situés dans l’océan Pacifique. Selon une technicienne de recherche senior du MBARI nommée Eve Lundsten, les cavités sous-marines ont environ 400 000 ans.

ADVERTISEMENT

Cependant, bien que le champ de cratères au large de Big Sur soit intéressant en soi, les chercheurs de MBARI ont depuis découvert un autre phénomène intriguant dans la région. Les spécialistes n’ont d’ailleurs été capables de faire cette découverte qu’avec l’aide des AUV.

ADVERTISEMENT

Les AUV sont essentiellement des robots conçus pour voyager automatiquement sous l’eau sans avoir besoin d’être contrôlés directement par une personne. Ils peuvent donc être utilisés par des entreprises commerciales – des entreprises de l’industrie pétrolière, par exemple – ou employés à des fins militaires. Mais comme nous pouvons le constater dans cet exemple spécifique, ces engins sont particulièrement utiles pour mener des explorations sous-marines.

ADVERTISEMENT

Avec l’aide des AUV, les scientifiques du MBARI ont ainsi pu observer le champ de cratères avec davantage de clarté. Et ce faisant, ils ont remarqué un élément surprenant: la présence de trous encore plus petits dans le plancher océanique. Ces cavités, un peu plus petites que les cratères voisins, étaient, selon Lundsten, «totalement singulières».

ADVERTISEMENT

Ces petits trous mesuraient en moyenne environ 10.5 mètres de largeur pour seulement 1 mètre de profondeur. De plus, ils apparaissaient plus souvent que les plus grands cratères – environ trois fois plus souvent. Les chercheurs du MBARI ont depuis estimé qu’il y avait dans la région environ 15 000 de ces soi-disant «micro-dépressions».

ADVERTISEMENT

L’hypothèse selon laquelle ces micro-dépressions se seraient formées plus récemment que les cratères plus étendus, a en outre, été avancée. Et si ces petites cavités étaient auparavant masquées, elles ont pu être révélées par le déplacement des éléments les plus légers du fond marin, balayés par les courants. Il est même possible que le mouvement des créatures marines ait eu son rôle à jouer. Quoi qu’il en soit, cela n’explique pas tout.

ADVERTISEMENT

Lors de l’observation de ces micro-dépressions, voyez-vous, il a été constaté que la majorité d’entre elles contenaient des morceaux de matière – allant des algues et roches aux restes d’organismes morts. De plus, une grande partie de ces petites cavités abritaient des détritus. Ces détritus incluaient des appareils de pêche, du plastique et même un sac entier de déchets en décomposition.

ADVERTISEMENT

On ne sait pas encore si cet état de fait est propre à la côte californienne. En effet, d’autres fonds marins à travers le monde pourraient également abriter des telles quantités de déchets. Et c’est malheureusement ce que l’on soupçonne, car la pollution plastique est fréquente dans nos océans.

ADVERTISEMENT

Il est également très probable que les déchets soient au moins en partie responsables de la création de ces micro-dépressions. Et bien que Lundsten et ses collègues du MBARI n’aient pas encore établi quelles seront les répercussions durables de la présence de déchets, ils ont tout de même remarqué que les créatures marines semblaient se servir des débris.

ADVERTISEMENT

En effet, les êtres vivants finissent très souvent par se loger dans les déchets ou autres objets fabriquées par l’Homme afin d’y construire leur demeure. On sait, par exemple, que les animaux marins trouvent refuge dans les épaves de bateaux et qu’ils finissent par prospérer. On peut apparemment en dire autant pour les plates-formes pétrolières situées en mer et abandonnées – qui sont maintenant nombreuses.

ADVERTISEMENT

De plus, en 2014, une étude sur le concept connu sous le nom de «rigs-to-reef» (transformation de plate-formes pétrolières en récifs artificiels) a été publiée dans une revue intitulée Proceedings of the National Academy of Sciences. Cet article suggère que les plates-formes pétrolières abandonnées, situées dans les eaux côtières californiennes, pourraient accueillir des écosystèmes florissants – et peut-être même les plus riches de la planète.

ADVERTISEMENT

Un exemple de rigs-to-reefs en activité se trouve dans le golfe du Mexique. Là-bas, plus de 200 plates-formes pétrolières ont été abandonnées au cours des trois ou quatre dernières décennies. Et comme des créatures marines s’y sont installées par la suite, ces structures sont apparemment devenues des habitats sains. En effet, la pêche est maintenant considérée comme une industrie en plein essor dans la région.

ADVERTISEMENT

Cependant, il est beaucoup trop simpliste de suggérer que toutes les plates-formes pétrolières abandonnées peuvent accueillir la vie marine. Une organisation spécialisée connue sous le nom de Decommissioning Ecology Group a justement affirmé exactement la même chose dans une lettre de 2014 adressée au Proceedings of the National Academy of Sciences. Le message dudit groupe expliquait, “La valeur de l’habitat pour la population marine n’est que l’un des nombreux facteurs dont il faut tenir compte lorsque l’on prend des décisions concernant la transformation de plates-formes pétrolières en récifs artificiels.”

ADVERTISEMENT

Pourtant, Ashley Fowler, du groupe Decommissioning Ecology Group, a laissé entendre que le concept de rigs-to-reefs était un concept à creuser. En s’adressant à Vice, Fowler a déclaré: «Des recherches considérables sur les différentes plates-formes et leur interaction avec les communautés naturelles sont nécessaires afin de s’assurer que les programmes de transformation des plate-formes pétrolières en récifs artificiels se déroulent de manière écologiquement durable.

ADVERTISEMENT

Cependant, en ce qui concerne les petites dépressions faites par les déchets au niveau du fond marin californien, il reste encore quelques questions auxquelles il est nécéssaire de répondre – sans parler des différents mystères qui pourraient être résolus au passage. Après tout, comme l’a laissé entendre Lundsten, la découverte des cratères sous-marins était une surprise totale.

ADVERTISEMENT

Dans une déclaration concernant cette découverte, Lundsten a expliqué: «Les cratères et les micro-dépressions dans cette zone sont des trous dans le plancher océanique qui se forment là où les sédiments sont les plus mous. Mais ces deux types de cavités sont morphologiquement distinctes. La cause et la persistance des cratères restent encore un mystère, mais nous ne trouvons aucune preuve qu’il ont été formés à partir de gaz ou de fluides présents dans le sous-sol marin

ADVERTISEMENT

Comme nous l’avons déjà mentionné, le mouvement des créatures et les courants marins peuvent avoir contribué à la création de ces cratères sous-marins. Pourtant, cette explication ne suffit pas. En réalité, ces hypothèses n’expliquent la présence que d’un tiers environ des dépressions présentes le long du plancher océanique californien.

ADVERTISEMENT

Et Lundsten l’a admis en décembre 2019, lorsqu’elle a discuté des recherches menées par le MBARI lors de la Réunion d’Automne de l’Union Américaine de Géophysique. Elle y a fait une présentation concernant son travail et a affirmé: “Ces observations laissent entendre que les déchets marins sont au moins en partie responsables d’environ 4 500 des 15 000 [trous] et fournissent quelques indices sur la façon dont les [trous] ont été créés. »

ADVERTISEMENT

Sur le site Web du MBARI, Lundsten a également donné des précisions sur la théorie concernant les micro-dépressions. Elle a déclaré, dans un communiqué: “Les micro-dépressions sont des caractéristiques d’érosion récemment formées. Ce ne sont pas des «cratères sous-marins naissants.» Dans l’ensemble, il reste encore beaucoup à accomplir afin de comprendre comment tous ces éléments ont été formés, et ce travail est en cours.”

ADVERTISEMENT

À ce stade, on ne sait donc pas si les micro-dépressions prétendument créées par la présence de déchets perdureront. Cependant, s’il leur arrive de le faire, il existe un moyen potentiel de détecter le phénomène. Plus précisément, nous pourrions considérer les cavités comme une indication que nous sommes désormais dans une période géologique connue sous le nom d’Anthropocène.

ADVERTISEMENT

Oui, la durée de vie de la Terre est divisée en longues périodes de temps que l’on appelle époques, et certaines personnes suggèrent que nous sommes désormais entrés dans l’époque de l’Anthropocène. D’autres pensent, en revanche, que nous vivons encore à l’époque de l’Holocène, qui a commencé il y a environ 11 650 ans.

ADVERTISEMENT

En effet, il y a même une fraction de personnes au sein de la communauté scientifique qui croit l’humanité incapable de susciter le changement au point d’entrainer un changement d’époque. D’autre part, un certain nombre d’experts pensent que la Terre est entrée dans l’Anthropocène au moment où l’Homme a appris à faire du feu, ou peut-être même avant, à l’époque de l’exploration et de la colonisation européennes.

ADVERTISEMENT

Les scientifiques qui participent au Groupe de Travail sur l’Anthropocène estiment cependant que l’Anthropocène a débuté au milieu des années 1900. Et si cette thèse était acceptée par la majorité, cela impliquerait d’admettre qu’a eu lieu un événement sismique dans l’histoire de l’humanité. Comme les chercheurs du Groupe de Travail sur l’Anthropocène l’ont eux-mêmes indiqué dans leur étude, «Cela représenterait non seulement le premier exemple d’entrée dans une nouvelle époque dont les sociétés avancées seraient témoins de leurs propres yeux, [mais] cette époque découlerait [également] des conséquences des actions de la société qui y vit”.

ADVERTISEMENT

Dans leurs recherches, les scientifiques mentionnent également la possibilité que nous soyons à présent dans une période caractérisée par une extinction de masse. Pourtant, il est assez difficile d’établir cela avec certitude étant donné les longues périodes de temps dont il est question. En effet, la majorité des espèces qui ont commencé à prospérer à l’époque de l’Holocène sont toujours parmi nous aujourd’hui.

ADVERTISEMENT

Mais quelles que soient les définitions précises, la communauté scientifique s’accorde largement sur le fait que l’humanité impacte la Terre – négativement la plupart du temps. Et ces micro-dépressions pourraient en fait nous donner un indice afin de savoir si nous sommes désormais entrés dans l’ère de l’Anthropocène. Voyez-vous, si les cratères sous-marins créés par les ordures le long du plancher océanique californien perdurent, ce sera peut-être le redoutable signe d’un changement majeur à venir.

ADVERTISEMENT
ADVERTISEMENT
ADVERTISEMENT